Lionel Royer

Autoportrait de Lionel Royer

 

Lionel Royer a une influence déterminante sur l’avenir de Guillonnet. En le prenant à l’âge de 13 ans dans son atelier, il exige de celui-ci qu’il fasse en parallèle de solides humanités.

Il semble évident que Guillonnet a suivi les conseils de son maître et qu’il sera un fin lettré tout emprunt de culture classique et hellénistique.

À 15 ans, lorsqu’il expose pour la première fois au Salon des Artistes français il y présente deux dessins. Le premier intitulé « Bonsoir, Grand'maman, bonsoir ! » témoigne de son jeune âge, mais le second intitulé « Les cinq doigts de Birouk », inspiré d’une pièce écrite par Louis Ulbach, témoigne de la culture qu’il acquiert.

Sur les conseils de Lionel Royer, Guillonnet participe au concours pour les vitraux de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans en 1892, sur le thème de l’épopée de Jeanne d'Arc.

Pour l'occasion, Guillonnet s’associe au verrier Boyer. Pour réaliser le carton en taille réelle (3,50 m sur 6 m de hauteur), Guillonnet bénéficie, à titre exceptionnel, d’un amphithéâtre de l’Ecole des Beaux-Arts. Il n'est finalement pas retenu. Parmi le jury de sélection, malgré la bonne appréciation qu’Émile Didron (auteur des vitraux de l'église Saint-Séverin de Paris) porte au travail de Guillonnet, Émile de Lalande expédie celui-ci en deux mots : « des promesses »1. Lionel Royer, également postulant au concours, ne sera pas plus retenu.

Les cartons de ce concours sont, pour la plupart, donnés par Guillonnet en 1923 à son ami Etienne Clémentel, maire de Riom, qui souhaitait ouvrir une salle (celle dite des « Abeilles ») à la mémoire de Jeanne d’Arc et y mettre en valeur la lettre datée du 9 novembre 1429 que Jeanne d'Arc avait fait adresser à cette ville pour demander des subsides. Ces cartons correspondent aux scènes suivantes : Jeanne entend les voix du ciel à Domrémy ; Jeanne part auprès du roi à Vaucouleurs ; Jeanne est présentée à la cour à Chinon ; Jeanne fait son entrée à Orléans ; Jeanne à l’assaut de la forteresse des Tourelles à Orléans ; Jeanne est faite prisonnière à Compiègne ; Jeanne prisonnière entend ses voix à Rouen ; Jeanne sur le bûcher à Rouen. Ces cartons sont aujourd’hui conservés derrière de fausses cloisons de cette salle des abeilles de l’Hôtel de Ville de Riom.

Il manque deux cartons, celui représentant Jeanne rendant grâces à Dieu dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans ainsi que le carton en taille réelle représentant Jeanne au sacre du roi à Reims.

Le premier carton cité doit être probablement conservé quelque part à Orléans en témoignage des travaux réalisés pour ce concours. Le dernier carton que Clémentel réservait, en raison de ses dimensions en taille réelle, à la décoration de l’escalier monumental du Palais de Justice de Riom, se trouve aujourd’hui dans une collection particulière.

Enfin, les réserves du musée Mandet conserve un panneau décoratif (2,22 m par 1,13 m) qui représente Jeanne d’Arc les bras en croix enveloppée des flammes du bucher et que Clémentel avait utilisé pour habiller la cheminée de la salle des Abeilles de l'hôtel de ville de Riom. Ce panneau décoratif rappelle l'illustration de Guillonnet pour la couverture de l’ouvrage de Funck-Bruntano sur Jeanne d’Arc(2).

Jeanne d’Arc de Funck-Bruntano Couverture illustrée par Guillonnet

 

Notes:

 

(1) « Le concours des vitraux de Jeanne d'Arc pour la cathédrale d'Orléans » par Ed. Didron. Revue des arts décoratifs. Paris. Volume 14, années 1893-1894, pages 194 à 205.

(2) Catalogue du musée Mandet de 1985 « Étienne Clémentel et les arts » de Danièle Dewinck et Antoinette Ehrard, lot n° 45 page 52.

Remerciements :

Que soit remerciées ici Madame Antoinette Ehrard, présidente des Amis du musée Mandet à Riom, qui a retrouvé les cartons de ce concours et Madame Françoise Michaud-Fréjaville, médiéviste et professeur émérite de l'université d'Orléans, ancienne présidente du Centre Jeanne d’Arc d'Orléans, pour ses conseils bibliographiques.