Ses études

« En 1886, c’est un tout jeune garçon, modeste et romantique, aux yeux d’un bleu très pâle, grand, long comme un discours d’académicien dira-t-on de lui, qui entre dans l’atelier de Lionel Royer : Guillonnet n’a que treize ans, du génie et se montre un travailleur acharné »(1).

Dès l’année suivante il est sélectionné pour présenter au Salon des Artistes Français de 1887 deux dessins : « Bonsoir, grand'maman, bonsoir ! » et « Les cinq doigts de Birouk ».

Il est reçu officiellement 30ème à l’Ecole des Beaux-Arts le 16 juillet 1889 en section peinture alors qu’il n’a pas encore 15 ans.

Guillonnet est un enfant prodige et, phénomène rare, il gagne sa première médaille au Salon des Artistes Français de Paris deux ans après être entré en apprentissage, c'est-à-dire à moins de seize ans. Il y présente (en mai 1890) une peinture intitulée « Regrets » et se voit attribuer une mention honorable ce qui correspond à une 4ème classe.

A l’Ecole des Beaux-Arts il participe aux concours internes et obtient les résultats suivants(2) :

Nature du concours

Dates des jugements

Récompenses

Esquisse (Rendu d’un mois)

26 novembre 1889

Mention

Concours J. d’Attainville / histoire

19 août 1890

Admis 10ème en Loge

Concours J. d’Attainville / histoire

28 octobre 1890

Mention

Concours Fortin d’Ivry

6 janvier 1891

Admis à la 2ème épreuve

Concours J. d’Attainville / histoire

11 août 1891

Admis 4ème à la figure peinte

Concours J. d’Attainville / histoire

18 août 1891

Admis 3ème en Loge

Concours J. d’Attainville / histoire

27 octobre 1891

Mention

Esquisse peinte à deux degrés

10 novembre 1891

Mention

Concours Fortin d’Ivry

12 janvier 1892

Admis à la 2ème épreuve

Concours Fortin d’Ivry

26 janvier 1892

3ème médaille

Esquisse peinte

11 avril 1892

3ème médaille

Concours J. d’Attainville / histoire

17 août 1892

Admis 4ème en Loge

Concours J. d’Attainville / histoire

25 octobre 1892

Prix

Extraits de son dossier scolaire

 

Apollon conduisant la route des astres (Prix Jauvin d’Attainville 1892)

 Guillonnet à l’âge de 22 ans

 

Outre Lionel  Royer, Guillonnet a comme autres professeurs à l’Ecole nationale des Beaux-Arts : Joseph Blanc (peintre d’histoire et décorateur) et Fernand Cormon (peintre académique).

Fort de ces récompenses et de sa montée rapide en loge, dès la 1ère année, Guillonnet obtint automatiquement, le 1er février 1893, sa dispense de service militaire pour pouvoir se consacrer tout à son art (bénéfice de l’art. 23 de la loi du 15 juillet 1889) .

En 1892 il présente au Salon des Artistes français une toile intitulée « ANAYXH (Victor Hugo - Notre Dame de Paris) » et obtient une mention de troisième classe. Deux ans plus tard, en 1894, c’est en présentant son projet de carton pour les vitraux de la cathédrale d’Orléans intitulé « Jeanne d'Arc au sacre de Charles VII à Reims » qu’il obtient une mention de deuxième classe. Dès lors, il a 21 ans, il est déclaré hors concours pour ses présences futures au Salon des Artistes français.

Toutefois et malgré cette mise hors concours, Guillonnet, ayant présenté à ce même salon en 1902 deux œuvres majeures (« La Bénédiction des enfants de Sologne » et « La Horde(3) »,) se voit attribuer une bourse nationale des voyageurs qui lui permet de séjourner pendant un an en Algérie en voyage d’étude.

 

La Horde (1902 – Collection du Musée du Vieux Château à Laval) HST 200*298cm

 

Notes :

  • (1)  Cité par Bernard Gassot : « Octave Guillonnet (1872-1967) », catalogue édité par la galerie Les Reflets du Temps, Paris nov. 1983.
  • (2)  Source : Ecole Nationale des Beaux-Arts.
  • (3) Le tableau La Horde a été acquis 5 000 francs pour moitié par la ville de Laval et pour moitié par l’Etat français en 1902. Ce musée possède également une étude de ce tableau (HST 68*100) acquis en salle des vente en juin 1993 pour la somme de 54 748 francs.