La Grande Guerre (1914-1918)

Lors de la Grande Guerre, Guillonnet va fuir Paris et se réfugier dans le sud-est de la France.

Il ne restera pas inactif pour autant et il mettra son art d’illustrateur au service des mouvements qui tenteront d’infléchir la position des pays neutres.

Depuis 1913, Guillonnet a rejoint le groupe d’artistes que promeut la galerie Georges Petit(1). Le 12 mai 1915, Georges Petit inaugure une exposition de tableaux et d’aquarelles sur le thème de « La Guerre ». Guillonnet y présente deux œuvres :

- Le Calvaire ;

- L’Ame de la Grèce pleurant les morts héroïques du Bouvet.

A la demande de Théophile Delcassé(1), ministre des Affaires étrangères, l’Etat français se porte acquéreur des deux œuvres présentées par Guillonnet.

 

La première rejoindra la Préfecture des Vosges à Epinal, la seconde est destinée aux musées de la ville de Paris.

 

Le Calvaire de Guillonnet – HST 125*175cm – Préfecture des Vosges à Epinal

 

« L’âme de la Grèce pleurant les morts héroïques du Bouvet » 

 

Le Bouvet, est un cuirassé construit à Lorient en 1892. Il est intégré pendant la guerre 14-18 dans l'escadre de l'amiral Guépratte, participant à la guerre des Dardanelles.En se repliant tardivement de la tentative de forcement des détroits turcs, le "Bouvet" a sauté sur une mine et a été coulé le 18 mars 1915. Son commandant, 23 officiers et 619 gradés et marins ont péri avec le navire. On a dénombré seulement 47 survivants dont 5 officiers. Selon d'autres sources, il y aurait eu 60 survivants sur 800 hommes.

 

Le "Bouvet" a connu le sort des « pre-dreadnoughts » anglais l’Irresistible et l’Ocean, dans un petit champ de 20 mines mouillées par le poseur de mines ottoman Nousret.

 

 

C’est en s’inspirant de cette tragédie vécue par la marine française que Guillonnet réalise son tableau. Il n’est pas un peintre officiel de la Marine, à l’instar de son élève André Nivard qui le devint. En raison de l’hellénisme de Guillonnet et du titre donné à son tableau, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit au travers de cette œuvre d’une allégorie.

 

Ce tableau a disparu des différents fonds d’œuvres détenues par la ville de Paris.

Qu’est-il devenu ?

Les archives de la Seine conservent une cession donnée par Guillonnet à la direction des Beaux-Arts et des Musées de la Ville de Paris de « tous ses droits de reproduction … dans un but d’enseignement … ». Une telle cession avait déjà été demandée à Guillonnet pour son tableau « La jeunesse de France au tombeau de Gambetta ». Cette cession avait permis à l’Etat français de reproduire ce tableau par une gravure à l’eau-forte et d’en faire un diplôme qui sera attribué aux vainqueurs pendant plus de 25 ans dans certaines compétitions sportives (voir la page Les Athlètes). 

Nous n’avons pas trouvé aux Archives de la Seine de document permettant de dire la suite qui fut donnée à ce droit de cession accordé par Guillonnet.

Cession des droits de reproduction pour le tableau « L’Ame de la Grèce pleurant les morts héroïques du Bouvet ». 

Ce tableau qu’il convenait de citer ici, demeure un grand mystère.

 

La Croisade des femmes françaises

 

Du 28 avril au 1er mai 1915 se tient à La Haye le Congrès international pacifiste des femmes. Celui-ci est ressenti en France comme une manipulation pro-allemande. La plupart des grandes associations féminines de l’époque s’opposent à ces quelques individualités françaises qui ont représenté la France à ce congrès avec la « complicité de l’Allemagne ».

C’est ainsi qu’en réaction se crée en France un mouvement qui s’intitule « La croisade des Femmes françaises »(3)et qui se propose « d’éveiller une sorte de rayonnement de nos compatriotes les une sur les autres et au-delà de nos frontières sur les (pays) neutres »(4)

 

 

  Pour faciliter ce rayonnement, la correspondance entre femmes de tous pays est préconisée et une carte postale est éditée. C’est Guillonnet qui est choisi pour son illustration.

 

Mme Alphonse Daudet justifie ainsi la publication à grand tirage de cette carte postale : « Voilà notre programme bien tracé : alliances, correspondances avec les pays neutres, appels à la fraternité féminine » et de poursuivre « En même temps que nos cartes postales si artistiquement illustrées par M. Guillonnet, en même temps que nos timbres de la Croisade qu’elles reproduisent en diminutif, il faut que nous propagions les idées utiles, généreuses et vengeresses qui sont notre arme et notre défense »(5).

 

L’objectif est clair, mieux faire connaître la femme française (salie par la propagande allemande) pour la mieux faire aimer, au loin, dans le rayonnement de sa grâce, de son noble esprit et de son cœur charitable(6).

 

Le nombre devant faire la force, cette carte postale fut largement diffusée pour être expédiée aux quatre coins du monde.

 

Hommage des Artistes et des Ecrivains français aux Etats-Unis d’Amérique

 

Dès le début de la Grande guerre les américains ont organisé à travers tout leur pays des souscriptions pour venir en aide à la France meurtrie. Grâce aux fonds récoltés, les américains financèrent en France de nombreuses « ambulances » pour accueillir et soigner les blessés des champs de bataille, et plus de vingt vestiaires et dix cantines à Paris pour vêtir et nourrir les familles nécessiteuses.

Les artistes américains qui avaient fait leurs études en France à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris ou à l’Ecole des Arts Décoratifs furent très actifs dans ces collectes de fonds aux Etats-Unis. Léon Bonnat, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts et président de la Fraternité des Artistes, imagina une grande manifestation de la France artistique et littéraire pour témoigner leur reconnaissance à l’Amérique. Sous la présidence d’honneur deThéophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères, il fut demandé à une cinquantaine d’artistes la réalisation d’une œuvre et à une cinquantaine d’écrivains de rédiger des autographes pour les accompagner(7).

 

 

Guillonnet choisit de dessiner son allégorie en s’inspirant de la statue de la Liberté, offerte par la France à la ville de New York et de transcrire sur son socle les propos écrits par l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Levi Parsons Morton, à l’occasion de la réception de la statue : « Nous révérons la France du passé parce que ses soldats nous ont aidés à devenir une nation et nous aimons la France d’aujourd’hui parce qu’elle ne fait qu’un avec nous pour la cause des gouvernements libres». Morton fut par la suite Vice-Président des Etats-Unis de 1889 à 1893. Bonnat considéra que cette aquarelle était la plus représentative de son projet et elle fut reproduite en carte postale à cent mille exemplaires(8) pour permettre les échanges épistolaires de la France vers les Etats-Unis.

 

L’aquarelle de Guillonnet comme toutes les autres œuvres et les dédicaces de cet hommage sont aujourd’hui conservée par le Smithsonian American Art Museum.
 

 

Translation des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides (14 juillet 1915)

 

Au printemps 1915, les troupes françaises subissent des revers en Artois. Raymond Poincaré, Président de la République, pour redonner de l’ardeur à ses troupes et à la Nation décide la translation du corps de l’officier-poète, Rouget de Lisle, au Panthéon. Ses cendres seront en fait transportées aux Invalides le 14 juillet 1915,aux côtés de Napoléon 1er, dans le caveau des Gouverneurs.

 

Le geste se veut puissant puisque Rouget de l’Isle écrivit l’hymne national français à Strasbourg (ville perdue depuis 1870), le 26 avril 1792, quelques jours après la déclaration de guerre à l’Autriche (20 avril 1792). Cet hymne de guerre étant destiné à l’armée du Rhin, son titre d’origine était « Chant de l’Armée du Rhin ». Mais au début du mois de juillet suivant, les marseillais qui prirent la route de Paris pour grossir les troupes en guerre, le firent au son de l’hymne de l’armée du Rhin et imposèrent ce chant dans la capitale sous le titre de « La Marseillaise ». Le 10 août lors de l’invasion des Tuileries, c’est ce chant que Singier fait vibrer sur le clavecin de la Reine dans la chambre royale envahie par la foule. En août 1830, le roi Louis-Philippe entonne l’hymne du balcon de l’Hôtel de Ville de Paris, sous les vivats de la foule, symbole de la réconciliation des deux France.

Le discours prononcé par Raymond Poincaré à l’occasion de cette translation se veut comme un « éblouissant feu d’artifice d’un 14 juillet … à la hauteur des circonstances inouïes dans lesquelles elles furent prononcées(9) ».

 

Pour diffuser ce discours, celui-ci est édité dans un livret dont on demande à Guillonnet de l’illustrer pour sa mise en valeur.

 

   

 

En Lorraine de Robert Linzeler 

 

 

Robert Linzeler (1872-1941) a le même âge que Guillonnet. Il est artiste joailler-orfèvre à Paris, rue de la Paix. C’est aussi un très grand sportif en voile. C’est lui qui dessine le trophée de la Coupe internationale du Cercle de la Voile de Paris (One Ton Cup), une compétition créée en 1899. Linzeler et Guillonnet deviendront de bons amis, réunis tant par le monde du sport que par celui de l’art.

 

Au contraire de Guillonnet, lors de la Grande guerre, Linzeler est appelé à défendre sa Patrie. A partir d’août 1917, l’armée crée un service spécial chargé des évacuations. Supervisé par le capitaine Robert Linzeler, ce service de récupération est d’abord chargé d’évacuer le matériel utilisable à des fins militaires (cuivre, bronze, acier, fer …) et de vider les stocks de l’industrie. 
 

 

Ce service est ensuite chargé de mettre en sécurité les œuvres d’art ou le mobilier les plus précieux, publics ou privés, dont la perte pourrait entraîner pour l’Etat le paiement d’indemnités importantes. Dans ce cadre il participera en 1918 à l’évacuation de la ville de Reims et de sa cathédrale(10).

 

De ces années de guerre, Linzeler ramène un cahier de poésies écrites à l’arrière du front. Guillonnet va lui illustrer la plupart de ses sonnets. L’ensemble est édité par Georges Crès et Cie en 1917. Maurice Barrés préface ce recueil.

 

  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les émigrés
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les croix
  • En Lorraine de Robert Linzeler – La sentinelle
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les églises
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les ponts rompus
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Soir d’automne à Baccarat
  • En Lorraine de Robert Linzeler – La Boue
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Dans un observatoire, la nuit
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les forêts
  • En Lorraine de Robert Linzeler – Les corbeaux
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Le Crédit Lyonnais honore ses morts pour la France.

Pendant la Grande guerre, le Crédit Lyonnais, l’une des principales banques de l’époque, décide d’éditer une médaille commémorative à remettre aux familles de ses clients et de son personnel morts pour la France. C’est Guillonnet qui est retenu pour effectuer les cartons de cette médaille.

Guillonnet choisit de représenter un homme gisant sous le linceul glorieux de la France casquée, prié par sa veuve accompagnée par une alsacienne et une lorraine.

Cette médaille (75mm x 68mm) sera gravée en bronze parLéo Laporte-Blairsy.

 

 

 

Mata Hari, pour l’anecdote.

 

En 1904, le théâtre municipal de La Gaité reprend un opéra, représenté pour la première fois en 1899, Messaline, composé par Isidore de Lara et écrit par Eugène Morand et Armand Sylvestre. Eugène Morand, grand ami de Guillonnet, demande à ce dernier d’en dessiner l’affiche.

 

Pour réaliser son affiche, Guillonnet va prendre comme modèle pour représenter Messaline une femme qui cherche à se créer une image. Elle se fait appeler  Lady MacLeod (née Margaretha-Geertruida Zelle, plus connue sous le nom de Mata Hari). Impressionné par le physique de son modèle, Guillonnet va effectuer de nombreux croquis et des portraits de Mata Hari.

 

Affiche du drame lyrique « Messaline » réalisée par Guillonnet (124*90 cm)

 

Depuis son emménagement à la villa Les Platanes, Guillonnet a pour voisin le docteur d’Encausse dit Papus, le célèbre occultiste. Un an après avoir réalisé le portrait de Mata Hari, Guillonnet reçoit à son domicile le docteur d’Encausse. Tout en discutant, Guillonnet classe des dessins dans un cartonnier sous l’œil observateur de son invité. Tout à coup Papus pousse une exclamation : « Cette femme porte les signes les plus effroyables qu’on puisse voir ! Sur ce visage, je lis qu’elle causera deuils, morts tragiques, ruines, que sais-je … » C’était le portrait de la future Mata Hari que Guillonnet avait en main(11).

 

 

Elle est condamnée à mort pour intelligence avec l'ennemi en temps de guerre et sa grâce rejetée par le Président Raymond Poincaré, elle est exécutée le 15 octobre 1917 par fusillade, dans les fossés de la forteresse de Vincennes.

 

Faut-il voir dans les accusations portées à l’encontre de Mata Hari, la confirmation des visions exprimées par Papus à la vue des croquis de celle-ci réalisés par Guillonnet ?

 

 

Notes :

(1)     « Gommeux », « très chic », voilà les mots que souffle Emile Zola à propos de l’impresario d’art Georges Petit, dont le peintre Jacques-Emile Blanche évoque, pour sa part, l’ « opportunisme malin ». Georges Petit (1856-1921) est fils et petit-fils de marchands d’art. Il agrandit et diversifie l’entreprise familiale. Il connaît son heure de gloire dans les années 1880 lorsqu’il s’éprend des impressionnistes ou de l’Ecole de Barbizon. C’est lui qui organise en 1889 la fameuse exposition commune de Monet et Rodin qui génère de vives tensions, mais qui dynamise la carrière de ces deux artistes. « Je me fous de Monet, je me fous de tout le monde, je ne m’occupe que de moi ! » se serait exclamé Rodin à l’occasion de cette exposition. Dans les années 1890, Georges Petit organise de grandes rétrospectives autour de Pissaro, Renoir ou Sisley.Georges Petit met en scène dans son élégante salle d’exposition de la rue de Sèze des ventes aux enchères raffinées, accompagnées de catalogues luxueusement illustrés (il possède pour le faire sa propre imprimerie), bien souvent bilingues (français/anglais). Zola prétend que Georges Petit guettait tous les ans, en mai, la traversée de l’Atlantique des touristes américains. Jacques-Emile Blanche déclarait « Petit fut l’aïeul spirituel des magnats de la bourse aux tableaux, l’inventeur des savantes « présentations » ; de la mise en scène des enchères à tam-tam pour les deux Amériques. » Il correspondait et échangeait avec Thomas Kirby des American Art Galleries de New-York.

(2)     Théophile Delcassé apprécie depuis de longues années Guillonnet. Delcassé a été en 1893 sous-secrétaire d’Etat aux Colonies et il était déjà ministre des Affaires étrangères lors de l’Exposition Universelle de 1900 où Guillonnet réalise le plafond du Pavillon des Colonies pour lequel il sera médaillé. Delcassé est toujours ministre des Affaires étrangères pour la venue en France du Tsar de toutes les Russies, Nicolas II en 1901, à l’occasion duquel Guillonnet à la charge de décorer le menu de la réception offerte à cette occasion à Bétheny.

(3)        Léon Abensour : Les Vaillantes – Librairie Chapelot, Paris 1917

(4)        Daniel J. Lesueur : La française du 8 janvier 1916.

(5)        Journal de l’Université des Annales N° 12-13 (1er-15 juillet 1916) « La Croisade des Femmes Françaises », conférence de Mme Alphonse Daudet (pp 65 à 85).

(6)        La Renaissance politique, littéraire et artistique du 10 juin 1916 page 11 (2143)

(7)        Pour les artistes : Jules Adler, Mme Agutte, Francis Auburtin, J-M Avy, Joseph Bail, Paul Baudouin, Albert Besnard, Léon Bonnat, Henry Bouchard, Félix Bouchor, Louise Breslau, Eugène Burnand, Louis Cabanes, Antonin Calbet, Carolus Duran, Caro-Delvaille, Jules Cayron, Chabanian, Paul Chabas, Louis Charlot, Jules Chéret, Charles Cottet, André Dauches, Angèle Delasalle, Adolphe Déchenaud, Désiré-Lucas, Didier-Pouget, P.M Dupuy, Maurice Eliot, E. Etcheverry, François Flameng, Charles Fouqueray, Albert Fourié, Frank-Lamy, Emile Friant, H. Gervex, Gaston Guignard, A. Guillemet, O. Guillonnet, H. Harpignies, Hermann-Paul, Injalbert, Iwill, Henry Jacquier, Jean-Paul Laurens, Paul-Albert Laurens, Ernest Laurent, Léandre, Albert Lebourg, Louis Legrand, Léo Laporte-Blairsy, A. Lepère, Le Sidaner, Lucien Lévy-Dhurmer, L. Lhermitte, Maurice Lobre, Luigini, Fernand Maillaud, L-H Marqueste, Henri Martin, Maufra, - Edgard Maxence, René Ménard, A. Mercié, André Metthey, René Piot, Pointelin, Raffaëlli, Renouard, Georges Rochegrosse, Auguste Rodin, A-E. Roll, Roybet, Fernand Sabatté, Daniel Saubès, François Schommer, Victor Ségoffin, Signac, Lucien Simon, Guillaume Tronchet, Abel Truchet, Charles Waltner, Jules Zingg, Henri Zo. Pour les écrivains : Juliette Adam, Paul Adam, Jean Aicard, Paul Appel, Jacques Bardoux, Maurice Barrès, Pierre Baudin, André Beaunier, Henri Bergson, Mme Jean Bertheroy, Georges Berthoulat, Georges Bonnamour, Jean de Bonnefon, Théodore Botrel, Maurice Bouchor, Paul Bourget, Emile Boutroux, René Boylesve, Brieux, Alfred Capus, Francis Charmes, Jean Cocteau; Romain Coolus, Mme Daniel-Lessueur, Eugène Delard, Paul Deschanel, Maurice Donnay, René Doumic, Edouard Drumont, Jean Dupuy, Jean Finot, Anatole France, Funck-Brentano, Louis Ganderax, Urbin Gohier, J-J. Guiffrey, Myriam Harry, Comte d'Haussonville, Paul Hervieu, Vincent d'Indy, Henry Kistemaeckers, Lacour-Gayet, Etienne Lamy, Maurice Leblanc, Georges Lecomte, Louis Léger, André Lichtenberger, Charles Le Goffic, Pierre Loti, Maurice Maeterlinck, Henry Marcel, Frédéric Masson, Paul Margueritte, Adrien Mithouard, Robert de Montesquiou, Eugène Morrand, Stéphen Pichon, Henri de Régnier, Joseph  Reinach, Emmanuel Rodocanachi, J. H. Rosny aîné, Saint-Georges de Bouhélier, Camille Saint-Saëns, marquis de Ségur, Edouard Trogan, Ch-M. Vidor, Pierre Wollf.

(8)        La Renaissance politique, littéraire et artistique du 6 mars 1915 page 6 (1302)

(9)        La Marseillaise, collection « Les paroles immortelles » Paris 1916.

(10)     La cathédrale de Reims du 4 septembre 1914 au 10 juillet 1938 par Yann Harlaut (Thèse de doctorat, Université de Reims Champagne-Ardenne, 2005-2006)

(11)     Points de Vue Images du Monde, article « Le merveilleux est toujours de ce monde (2) » in n°537 du 26 sept 1958. Ce témoignage de Guillonnet est corroboré par le livre de Simone Dupont de Tervagne intitulé "Madame Fraya m'a dit" (Editions Adyar, Paris 1955). On y lit : "Une autre fois, me disait Mme Fraya, le docteur Papus me raconta que se trouvant chez son ami, le célèbre peintre Guillonnet, celui-ci, tout en classant des dessins, lui montra le portrait d'une femme brune, d'une étrange beauté. Bouche pulpeuse. Corps sinueux. Pourtant sa vue provoqua chez lui un effroyable malaise. - Cette femme, dit-il au peintre, est un monstre, une sorte de démon. Elle provoquera des catastrophes, des deuils, des suicides, pis encore. Elle fera beaucoup parler d'elle, vous verrez. Mais qui est-elle? Le peintre lui répondit qu'il s'agissait d'un de ses anciens modèles - qui avait posé dans son atelier pour une Messaline - et dont il ignorait presque tout. Il savait seulement qu'elle se nommait Margareth-Gertrude Zelle. Nous avons recueilli ainsi les témoignages de Guillonnet et de Papus. Il manquait celui de Mata Hari elle-même. A l'occasion du 100ème anniversaire de sa mort, les éditions néerlandaises Lourens Oldersma ont publiés les lettres de Margaretha Zelle écrites entre le 26 septembre 1902 et le 30 mars 1904 à l'oncle de son ex epoux sous le titre "Denk niet dat ik slecht ben". Dans la lettre n° 17 datée du 15 décembre 1903, Mata Hari écrit "Tandis que j'étais engagée pour poser pour Monsieur Guillonnet (qui est un grand artiste) un homme entra, c'était le directeur de l'Opéra Théâtre "Le Théâtre de la Gaîté". Il me vit et me demanda si j'aimerais tenir le rôle principal dans le ballet de l'opéra "la Messalina" uniquement pour me faire remarquer. J'aurais été bien rémunérée mais, oh cousin, je n'ose pas me montrer en public dans un ballet à l'Opéra. La tentation est grande lorsqu'on est pauvre mais j'ai tenu bon. J'ai gardé espoir pour trouver une place de mannequin. Je dois me présenter demain. Je suis fatiguée de poser comme modèle mais en même temps, je considère mon porte-monnaie et je suis contente." texte original : "Toen ik bezig was te poseeren bij monsieur Guillonnet (dat is een groote schilder) kwam er een heer binnen, de directeur van de opera “ la Theatre de Gaité ”, die me zag en me vroeg of ik de hoofdrol wilde vervullen in het ballet in de opera “ la Messelina ”, alleen maar om me te vertoonen. Ik werd goed betaald, maar o neef, ik durf niet me als Godin vertoonen in het publiek in een ballet in de opera. De verleiding is groot als men arm is, maar ik houd me nog goed. Ik heb hoop op een plaats als mannequin, morgen moet ik me presenteeren. Ik ben doodmoe van het poseeren, maar enfin, ik kijk in de portemonnaie en ben contente." Enfin, le pneumatique expédié par Guillonnet pour convoquer Margaretha Zelle à cette séance de poses, est reproduit dans cette édition. L'anecdote est donc confirmée par tous les acteurs.